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Galerie Venise Cadre
Exposition rétrospective du 5 octobre au 2 Novembre 2002

 

Giacomo, Docteur SIJILMASSI, réalisateur d'un livre prestigieux sur la peinture Marocaine, Mr. Lucien AMIEL, collextionneur des oeuvres de l'artiste depuis 1960, dont certaines sont présentées dans sa galerie, " Venize Cadre" à Casablanca.

 

Amicale retrouvailles de Giacomo et du talentueux peintre Marocain Farid BELKAHIA

 

Giacomo entouré de l'affection de ses amis Mr et Mme. Khalouk Abdelmajid et de son frère André.

 

Selma, directrice de la galerie Venise Cadre, Interwieuvée par le réalisateur Michel Claret (RCA productions) qui tourne un film sur la vie et l'oeuvre de Giacomo de Pass.

 

Mr. et Mme. BENKALFAT, Mme. HASSÏN

 

Monsieur HASSAN JAMAÏ
Les commentaires de TEMA, Fatima Zahra ,
sur les créations de l'artiste, furent chaleureusement acceuillis..

 

   

 

Revue de Presse (sélection)

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"Les chemin de la vie", par Abdellah CHEIKH, responsable du site officiel www.gdepass.com (en langue arabe)
( L'INDÉPENDANT, 11 octobre 2002)

[...] L'artiste nous invite à dialoguer avec ses œuvres entonnantes qui relèvent de l'âme et du cœur. Il s'agit d'un véritable moyen de communication universel entre tous les hommes de toutes cultures et de toutes civilisations, ce qui donne à l'acte de la création sa puissance évocatrice si particulière. [...]

Voir l'article complet "Visite de la semaine: Giacomo de Pass", MAROC OUEST, 11-13 octobre 2002


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"Giacomo de Pass à la galerie Venise Cadre", LIBÉRATION, 14 octobre 2002, Abdellah CHEIKH

[...] Fasciné par la mémoire pittoresque du Maroc, l'artiste ouvre son corps et son âme aux circuits mystérieux de la magie picturale [...] Giacomo de Pass interroge la substance de l'espace vécu, explore les ressources de son imagination et affirme délibérément ses droits sur les formes pour aboutir à une peinture particulièrement révélatrice et génératrice de sens et de significations en matière plastique. [...]


"Giacomo de Pass affiche ses récentes couleurs à Casablanca" par Hannaoui ABDELMAJID
Journal LIBÉRATION, 19 octobre 2002,

Un événement. Une exposition nous est proposée à la Galerie Venise Cadre.
                  Natif de Marrakech, ce peintre nous fait perpétuer le rêve depuis déjà plusieurs décennies que ça soit au niveau de l'imaginaire du jeu du hasard, du sport ou de scène où les instruments jouent aux couleurs du maître rivalisant ainsi avec les notes de musique.
                   Cette fois-ci, l'artiste nous propose une peinture tentant de percer l'âme et la culture de son pays natal. Il assume, à toute fin utile, une mise en scène picturale de personnages en posture de communication et d'échange de mots et de regard. Un langage feutré très autochtone et teinté de cachet princier digne de l'élégance nocturne de mille et une nuit . Des amoureux qui abordent un discours amoureux et qui réduisent l'espace plastique à une série de caresses et de touches où le mot d'ordre est l'harmonie du geste et l'esprit de la couleur. Des cavaliers se livrant à une chevauchée au « baroud » traçant une ligne de démarcation entre eux et le clown qui en se regardant au miroir, élimine son masque pour recevoir et concevoir sa propre image. Entre temps, une main omniprésente et fatale qui s’agite et tente de donner à tout ce corps un dénominateur commun en émettant à chaque situation un nouveau discours.
                  Le discours de la main. La douleur, domestiquée par l’artiste, est transcrite dans une étiquette de douceur et le discours du verbe se dédouble tel un heureux mariage avec un simple langage de main. Cette fameuse main est souvent la ligne directrice de l’œuvre de Giacomo de Pass. Elle s'agite fébrile pleine de tendresse et d'ivresse. Elle est magicienne et bohémienne. Elle raisonne, ordonne et fait des signes telle une signature du salut. Elle se suffit à elle-même, voyageant sans espoir d'atteindre une rive. Une main qui danse au rythme de ses veines, de sa sève, de son énergie et de sa transe. Elle vient au-delà des stations légitimant les rêves. Elle coordonne tous les mouvements du jeu plastique, tel un chef d'orchestre. Elle est dans le monde et ailleurs, dans le thème et partout. Quand, elle ne joue pas aux instruments de musique, elle caresse et verse de la tendresse crue dans une palette de couleurs résistant au temps. Elle puise du puits créatif et généreux jusqu'à l'ivresse au point de devenir un, une âme des tons, un arc-en-ciel qui fait passer des anges clandestins et qui danse au rythme des vents et des saisons. Est-elle la main de l'artiste ou la main du destin? Tout compte fait, les deux ne sont toujours que des sœurs jumelles qui se cherchent par alternance avec une affinité rude à toute épreuve. Leur champ commun n'est-il pas" le son de la flûte"?
                  Une peinture en mouvement. Le discours plastique ne travaille pas sur le thème, ce dernier n'est qu'une résultante déclinée pour débloquer une charge de sensibilité débordante. Une sorte de billet d'excuse pour aller vers le fonds des choses. Le cœur est dans la peinture elle-même, loin des soucis de mode et de modernité forcée. D'ailleurs, en « toile de fonds », le travail sollicite en nous une perspective qui niche dans le rêve et uniquement dans celui-ci. La répartition des formes s'exécute dans une obsession de coupe sous divers angles, en séquence dynamique, ce qui confine le mouvement au moment plastique le plus intense. Les perspectives se multiplient et se juxtaposent pour certainement déplacer le débat d'un simple jeu de couleur et de forme à quelque chose de plus fondamental où l'évaluation n'est plus faite sur le thème en tant que tel, ni même sur l'agencement des couleurs, mais sur l'idée féconde d'un imaginaire qui tente d'embrasser le ciel et de réceptionner les étoiles, sans laisser de traces d'origine. La lumière recense des cloisons de charme discret et inaugure des festivités pour plus de nuances et plus de transparence.
                  L'odeur du baroud. Les cavaliers nous reviennent avec force et fierté comme des fils du soleil bénits. Disséquées en plusieurs plan de repérage, leurs silhouettes se structurent dans une aura tendant vers une synthèse d'images mêlant hommes, chevaux et poussière rouge. Le peintre, qui croit aveuglement dans son geste et dans la lumière qui le fascine, imprime une hiérarchie que lui dicte sa stricte sensibilité. Les couleurs lâchent prise pour un chromatique visiblement gourmand en primarité. Fraîches, ces couleurs coulant de source subissent, au passage, un traitement d'image copieux et un arrosage d'effets spéciaux corsé qui permet une sorte de thérapie de l’œil ayant un faible pour un chromatique sans voilage. Un meilleur rendement de jeu d'harmonie ne fait des cavaliers, enfin de compte, que des axes de répartition du plaisir de la matière peinte. Les tons se succèdent en plusieurs tranches superposées pour rallonger le moment de la lecture de l’œuvre en tant que telle. Marcel du Champ n'a-t-il pas fractionné lui aussi, avec rigueur sa fameuse "mariée" pour imprimer le mouvement et faire sortir la peinture de son état statique?
                  Le portrait des femmes. Le portrait des femmes du « bled » est, probablement, le résultat d'un long moment de concentration et de nostalgie, à en juger par l'éclat de ces yeux au féminin qui se perdent dans du vide, qui se cachent pour éviter de croiser le regard de l'autre. N'est-il pas dit que le regard est sincère et que les femmes parlent plus des yeux contredisant souvent le verbe. Cet instant que l'artiste perçoit entre ce qui est fondamental dans la dynamique du visage et qui ne peut être que les "yeux" lieu des convoitises, des larmes et de toute translucidité, nous restituent avec une sensibilité extrême les traits de caractère des personnages, lesquels évoluent entre l'énigme et le charme et entre le chaud et le froid ! Il n'y a même plus de place pour évoquer une facture de coquetterie. Les femmes sont brossées et projetées dans leur dignité dans leur véritable authenticité. L'artiste ne tente pas un essai sur un compte de fée mais part, belle et bien, d'une vision intimiste ce qui lui confère une sorte de pouvoir décodant l'âme de ses sujets. Il s'éloigne des soucis esthétiques et du "joliment fait" pour s'attaquer à une peinture de profil du personnage que nourrit certainement, sa passionnante et curieuse mémoire.
                  Strates de mémoire. Le peintre travaille sur le souvenir et prospecte les périphéries les plus éloignées possibles. Et Dieu sait quand un peintre réussit à croiser les chemins du souvenir avec ses exigences et orientations plastiques ! Il voyage dans le temps et nous retourne avec un filet mystérieux où la prise comporte des perles, des émeraudes et une certaine magie qui sort du temps et qui franchit le pas pour accéder au récit universel. D'ailleurs, cette peinture si pure, si tendre tend vers une confusion avec des pierres précieuses juste ajustés sur un pendentif pour la vie.
                  Couleurs de vie. La vie chez Giacomo de Pass s'apparente à une série de mises en scène ou les rôles s'alternent entre le rire amer et les larmes douces, entre le visage nu et le maquillage imposant, entre l'argent et la misère planifiée entre le souvenir et la naissance de ce dernier. D'autres raisons d'autres motivations guident la main excitée de Giacomo de Pass vers des espaces inconnus. Il découvre des continents nouveaux en se laissant guider sans préavis. Parfois surpris, le peintre se contente des contours pour des lendemains meilleurs. Ces retours sur ses traces offrent une chance de mémoriser des souvenirs associés à la naissance de ces continents pour contenir une nostalgie soulignée.
                  Parfum de technologie. Pour l’artiste, le mouvement de la vie tourne autour de l'argent, des affaires et des idées porteuses ou destructrices. Les mains des personnages se serrent en guise de solidarité entre les races et les peuples malgré la divergence des intérêts et le discours désuet de la fraternité humaine. La technologie fait son entrée timide et à petits pas à travers les instruments de communication agencés dans la foulée du festival des couleurs. Le mobile, le téléphone ne sont-ils pas des moyens de communication par excellence? Là aussi nous sommes tentés de croire que l'artiste introduit une exception au corps à vénérer, au ciel et ses constellations et au règne animal. Il remet en question les statuts de la plasticité et leur ordre du jour qui ne s'intéressent qu'à ce qui a été déjà incrusté dans une toile comme patrimoine. Nous nous éloignons du carcan de la pomme et de la poire sous des tirs croisés de la lumière pour réhabiliter les produits de la technologie malgré leur design branché, malgré leur visage métallique comme l'aurait tant souhaité César.
                  Une fibre végétale. L’oiseau, éternel ami de toute aventure pour le peintre, cède de l'aile pour laisser l'avantage à d'autres animations. Un arrêt sur image et une expression sans retouches pour avoir droit au spectacle en direct, au transfert intégral de l'émotion. L'instant du plaisir est formulé comme il vient. Derrière les milles facettes superposées, la couleur tranche au grand jour pour un primat de ton. Dans ses différentes compositions il n'y a presque pas de composante végétale et si elle est sollicitée ce n'est que pour reprendre une charge symbolique de la gerbe de blé véritable nourricière de l'humanité. Le blé émerge exhibé devant la grandeur et la profondeur du ciel. Au passage un oiseau affamé introduit le désordre en dérobant quelques graines. La composante végétale n'est envisagée que pour son aspect utilitaire en rapport avec la reproduction des espèces. Sa couleur jaune tel un soleil naissant révolutionne cependant, la froideur des lieux.
                  Des yeux de lumière. Ce monde qui ratisse large offre plutôt chez Giacomo de Pass une dimension de fête et d'allégresse. Ainsi des parures, des bijoux, des cristaux, des grincements et des avalanches de lumières mielleuses, sont autant d'éléments qui donnent un repère de fiesta. Les yeux cogitent dans la même sphère que les perles d’ornements. Des yeux émanent un rayon lumineux qui nous conduit à une brillance en signe de fidélité à ses statuettes qui s'apprêtent à voler de la main de l'artiste pour certainement échapper à leur destin. L'oiseau continue de dominer et d'étendre son aura et ses nuages sur l'ensemble ou presque. Il picore et touche à tous les interdits, même sans corps de femme, avec un œil averti pointu et vicieux. Il veille sur la cité, plane sur les lieux et contrôle toutes les cartes et plans de vol des couleurs errantes. Le corps est omniprésent. Il se faufile derrière une barrière de brume épaisse et vivante parodiant la vapeur ardue des bains maures pour ouvrir le bal au clown.
                   Visage de clown. Le clown est au rendez-vous, comme à l'accoutumé, pour nous faire changer du "nu" qui occupe presque tous les étages de la peinture contemporaine. Ce choix est évident. Le clown est le seul animateur ou presque qui cache son visage, efface ses traces pour épouser la forme d'un visage de négation. Il le fait pour la peinture du personnage. Il est lui-même support de peinture et vieux souvenir du spectacle dansant de l'homme ancien. Chez Giacomo de Pass le clown ne rit pas, il pleure. Ce qui est et doit être considéré comme une négation du personnage. Notre peintre tente de le restituer en tant qu'homme qui vit parmi les hommes avec ses souffrances ces joies avec ses droits et ses obligations familiales. Cet humanisme est souvent rencontré dans la peinture de Giacomo de Pass qui dans une de ses plaidoiries relate le monde du jeu exprimant les deux facettes: le paradis et l'enfer. Les points de mise passent par des probabilités d'angles d'éclairage. Le cadre du jeu est toujours sapé de parure et le gain cristallise les moments et les lieux. La perte vomit le lieu et affiche une douleur infernale et le joueur se retire dans ses zones d'ombre. Tout ce qui brille lui fait mal aux yeux. Il y a souvent chez l'artiste une tendance à dénuder et réifier le thème pour l'exprimer tel quel, c'est à dire, avec ses contradictions. De ces oppositions naît un panaché dosé, un résiduel qui laisse un arrière goût plastique équilibré et agréable.
                   Probablement cette peinture libre, qui ne se réclame pas d'une position doctrinale vit et vivra pour toujours parallèlement à cette main, qui réunit toutes ses forces pour éblouir, cherchera éternellement une autre main, celle du destin, pour applaudir tout ce qu'il y a d’intéressant dans la peinture contemporaine.

Hannaoui abdelmajid
Artiste peintre-Critique d'art

 

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